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Épargne : les dépôts à vue décrochent, l’assurance-vie confirme sa poussée

Illustration éditoriale générée par IA pour l’article « Épargne : les dépôts à vue décrochent, l’assurance-vie confirme sa poussée ».

La Banque de France publie le 2 septembre de nouvelles statistiques qui confortent une évolution déjà engagée : l’argent laissé sur les comptes courants rapporte presque rien, et il ne progresse plus au même rythme qu’auparavant, tandis que l’assurance-vie continue d’attirer des flux importants.

Dans sa note de cadrage publiée le 17 août sur l’épargne des ménages, la Banque de France indiquait déjà qu’au premier trimestre 2026 les placements financiers des ménages étaient remontés à 32,0 milliards d’euros, tirés notamment par les produits de fonds propres. Elle signalait surtout, pour le deuxième trimestre encore en cours de consolidation, des premières données faisant apparaître 0,3 milliard d’euros sur le numéraire et les dépôts à vue, contre -3,6 milliards pour l’épargne réglementée, 11,1 milliards pour l’assurance-vie et l’épargne retraite en euros, et 13,0 milliards pour les unités de compte.

Le point essentiel est donc moins un effondrement net des dépôts à vue qu’un fort ralentissement de ce compartiment, au moment où l’assurance-vie reste alimentée sur ses deux grands moteurs, les fonds en euros et surtout les unités de compte. Mais cette lecture doit être maniée avec précaution : la Banque de France souligne elle-même que les données du T2 sont provisoires et partielles.

Les statistiques de rémunération des dépôts bancaires publiées le 2 septembre donnent toutefois du relief à ce mouvement. Selon la Banque de France, en juillet 2026, les dépôts à vue des ménages n’étaient rémunérés en moyenne qu’à 0,04 %. Les livrets réglementés affichaient 1,60 %, les livrets ordinaires 0,75 %, les dépôts à terme 2,29 % pour les échéances de moins de deux ans et 2,46 % au-delà. Le taux moyen de l’ensemble des dépôts des ménages atteignait 1,22 %.

Ces écarts n’établissent pas, à eux seuls, la cause des arbitrages des ménages. Mais ils rendent crédible l’idée qu’une part de l’épargne très liquide soit moins volontiers laissée sur des supports quasi non rémunérés. La Banque de France permet d’éclairer ce contexte de taux ; elle ne démontre pas, dans les documents fournis ici, la chaîne exacte des décisions individuelles.

Sur l’assurance-vie, plusieurs sources distinctes convergent, avec des statuts différents. La Banque de France voit un produit toujours dynamique dans ses données trimestrielles partielles. France Assureurs, fédération professionnelle du secteur, annonce de son côté 18,8 milliards d’euros de cotisations en juillet 2026, 14,1 milliards de prestations et une collecte nette de 4,7 milliards. Depuis le début de l’année, selon cette organisation, la collecte nette atteindrait 41,3 milliards, dont 31,3 milliards pour les unités de compte et 10,0 milliards pour les supports en euros.

Cette convergence ne doit pas gommer la différence de nature entre les sources. La Banque de France produit une statistique publique de cadrage macroéconomique. France Assureurs défend aussi, dans sa communication, le rôle de l’assurance-vie dans le financement de l’économie. Le constat d’un produit commercialement porteur est recoupé ; l’interprétation valorisante relève, elle, de la fédération.

Le dossier disponible invite aussi à regarder non seulement les rendements, mais les conditions de distribution. L’Autorité des marchés financiers, dans une campagne de visites mystère menée entre septembre 2025 et février 2026, dit avoir constaté en agence bancaire un questionnement des clients insuffisant, en recul par rapport aux deux campagnes précédentes, ainsi qu’une présentation des frais encore trop peu abordée. Le régulateur note parallèlement une diversification plus marquée des propositions commerciales.

Ce point ne permet pas de relier directement les flux mesurés le 2 septembre à telle ou telle pratique bancaire. Il rappelle en revanche que l’orientation de l’épargne ne se joue pas seulement dans les tableaux de taux : elle dépend aussi de la façon dont les produits sont présentés aux clients, et de la transparence sur leurs coûts.

Un article de MoneyVox, fondé notamment sur les données de la Banque de France, insiste lui aussi sur la hiérarchie concrète des rendements pour les épargnants et sur l’écart durable entre dépôts très liquides faiblement rémunérés et produits mieux servis. Cette lecture de service est cohérente avec les chiffres publics, mais elle reste une interprétation éditorialisée, enrichie de prévisions privées pour certains supports, et non une source primaire supplémentaire.

Au total, les éléments disponibles suggèrent bien un déplacement de l’épargne hors des dépôts à vue, mais ils ne permettent pas encore d’en fixer précisément l’ampleur sur le deuxième trimestre 2026 ni d’en isoler toutes les causes. Ce qui est solide, en revanche, c’est la combinaison de deux faits : les comptes courants restent presque non rémunérés selon la Banque de France, et l’assurance-vie demeure dynamique selon la Banque de France comme selon France Assureurs. Entre les deux, il reste à distinguer ce qui relève d’une tendance de fond et ce qui pourrait encore tenir à des effets partiels, saisonniers ou commerciaux.