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Culture

À Venise, le 5 septembre ouvre les écrans plus sûrement qu’il ne tranche les verdicts

Illustration éditoriale générée par IA pour l’article « À Venise, le 5 septembre ouvre les écrans plus sûrement qu’il ne tranche les verdicts ».

Le premier fait solide, ce samedi 5 septembre à la Mostra, est programmatique. Selon la page publique de la Biennale de Venise consultée le 5 septembre, la compétition propose notamment Primetime de Lance Oppenheim à 17 heures, puis Succederà questa notte (It will happen tonight) de Nanni Moretti à 19 h 15 et 20 heures. Hors compétition figurent aussi The Basics of Philosophy de Paul Schrader, My Undesirable Friends: Part II – Exile de Julia Loktev et le documentaire Oasis: Don’t Look Back in Anger.

Ce relevé permet de distinguer ce qui a réellement lieu devant le public ce jour-là de ce qui relève déjà du commentaire d’ambiance ou de l’anticipation. En revanche, il ne dit rien, à lui seul, de l’accueil critique ou de l’impact durable de ces films. C’est un point important: l’existence d’une projection, même très attendue, ne vaut pas consécration.

Du côté de l’événement médiatique, l’Associated Press insiste sur l’arrivée de Robert Pattinson ainsi que de Noel et Liam Gallagher pour des avant-premières mondiales le 5 septembre. D’après AP, la journée cristallise ainsi la capacité de Venise à superposer le prestige de la sélection et la mécanique du star-system. Cet angle renseigne sur la fabrication de l’attention, davantage que sur la valeur artistique des œuvres elles-mêmes.

La presse spécialisée présente dans le dossier ne permet pas encore de classer nettement les films du 5 septembre selon une réception critique stabilisée. Cineuropa, via son index de critiques consulté le 5 septembre, montre qu’une partie de la conversation critique est déjà engagée autour de films projetés les jours précédents, comme Ink, Wild Horse Nine, Bucking Fastard ou A Place to Heal. Mais, dans l’état consulté, cet index ne fournit pas encore de critique dédiée aux principales projections publiques de compétition du 5 septembre. Autrement dit, il existe déjà une rumeur critique sur la Mostra 2026, pas encore un consensus documenté sur les films dévoilés ce samedi.

Pour comprendre pourquoi certains titres attirent davantage l’attention que d’autres, il faut revenir à la logique d’ensemble de la sélection. Screen Daily, dans une analyse publiée en juillet, souligne le poids des auteurs confirmés dans la compétition 2026 et relève que cinq cinéastes italiens y figurent, dont Nanni Moretti. Le média insiste aussi sur deux caractéristiques de la sélection officielle: l’absence relative des grands studios et une sous-représentation des femmes réalisatrices. Ce cadre n’évalue pas les films du 5 septembre, mais il éclaire la manière dont ils sont perçus avant même leur projection publique.

Dans cette lecture, la présence de Moretti ne relève pas seulement de l’attente cinéphile autour d’un nouveau film. Elle s’inscrit aussi, selon Screen Daily, dans une compétition marquée par le retour ou la centralité d’auteurs installés. À l’inverse, pour jauger la place des nouveaux venus ce 5 septembre, le dossier reste incomplet: la source programmatique identifie les films montrés, mais les notes fournies ne documentent pas encore de réception critique croisée permettant de mesurer si une découverte s’impose déjà face aux noms consacrés.

Autre ligne de lecture: la tonalité politique et institutionnelle de cette édition. The Film Verdict décrit, dès le 2 septembre, un Lido « mélancolique », traversé selon lui par un contexte international tendu et par des difficultés logistiques ou de programmation. Cette analyse ne porte pas spécifiquement sur les films du 5 septembre, mais elle suggère que leur réception s’inscrit dans une édition où l’atmosphère générale compte presque autant que les projections elles-mêmes.

Ce point mérite d’être séparé des faits établis. Que le festival soit perçu comme plus politisé ou plus tendu relève ici d’une lecture critique attribuée à The Film Verdict, non d’un constat définitivement recoupé dans l’ensemble du dossier. En revanche, le fait qu’une partie de la couverture médiatique interprète déjà la Mostra à travers ce prisme est, lui, bien documenté par cette source.

À ce stade, plusieurs niveaux d’attention coexistent donc sans se confondre. Le niveau officiel: quels films sont à l’écran ce 5 septembre. Le niveau médiatique généraliste: quels noms attirent caméras et public, comme le raconte AP. Le niveau critique spécialisé: quels films ont déjà commencé à structurer le récit de la Mostra, ce que l’index de Cineuropa permet d’entrevoir pour les jours précédents, mais pas encore pour cette journée. Et le niveau institutionnel: ce que la sélection 2026 dit du rapport entre auteurs consacrés, renouvellement générationnel et représentations inégales, comme l’analyse Screen Daily.

La principale contradiction apparente du dossier est moins factuelle qu’éditoriale. D’un côté, la programmation du 5 septembre aligne des œuvres et des signatures susceptibles de faire date. De l’autre, la documentation critique fournie ne permet pas encore d’affirmer quels films dominent réellement la conversation esthétique. Il faut donc résister à une confusion classique des premiers jours de festival: l’intensité de l’exposition publique n’est pas encore la preuve d’un événement cinématographique au long cours.

En somme, le 5 septembre à Venise ressemble davantage à un test qu’à un verdict. Les faits recoupés portent sur les films effectivement montrés et sur la mise en scène médiatique de certaines avant-premières. Les jugements sur l’importance artistique des œuvres du jour restent, dans ce dossier, lacunaires. Quant aux débats sur la ligne de la Mostra — poids des auteurs confirmés, place des réalisatrices, climat politique ou mémoriel — ils sont déjà bien présents, mais relèvent d’analyses de presse qu’il faudra confronter à mesure que les projections du week-end produiront enfin leurs propres preuves critiques.