La NHTSA a annoncé le 4 septembre l’ouverture d’une « Audit Query » sur la certification par Tesla de son Cybercab au regard des Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS), après son déploiement commercial à Austin. Ce point est établi par le communiqué officiel de l’agence fédérale.
Dans ce communiqué, la NHTSA présente l’enquête comme un contrôle portant sur les données techniques et les processus de certification utilisés par Tesla pour un véhicule « sans commandes humaines traditionnelles ». L’agence indique aussi vouloir examiner l’éventuelle décision de Tesla de considérer certaines exigences FMVSS comme inapplicables.
Autrement dit, le cœur du dossier n’est pas, à ce stade, une accusation formelle de non-conformité déjà démontrée, mais la vérification de la manière dont Tesla a appliqué — ou écarté — des normes fédérales existantes. La NHTSA insiste d’ailleurs, dans sa communication, à la fois sur son soutien à l’innovation et sur le maintien des règles en vigueur tant qu’elles n’ont pas été modifiées.
Les normes précisément visées ne sont pas listées de façon exhaustive dans les notes disponibles. La NHTSA cite toutefois plusieurs chantiers réglementaires liés à des équipements comme les pédales de frein, les essuie-glaces, l’éclairage et les rétroviseurs, tout en rappelant que les standards actuels restent applicables. Cela suggère un examen particulièrement serré des éléments conçus historiquement pour des véhicules avec conducteur humain, sans permettre de conclure, en l’état, à un grief définitif sur chacun de ces points.
Sur la taille du parc concerné, les sources divergent surtout par niveau de détail. Le communiqué primaire de la NHTSA, tel que résumé dans les notes, ne donne pas de chiffre. Reuters, via MarketScreener, rapporte pour sa part qu’environ 1 000 Cybercab seraient visés par l’audit. En l’absence de confirmation primaire dans le dossier fourni, ce nombre doit être présenté comme une information de Reuters, et non comme un fait recoupé par la NHTSA dans ces notes.
Le cadre de fond est mieux documenté. Une page officielle de la NHTSA sur l’importation et la certification rappelle que, dans le système américain, l’agence n’« approuve » pas les véhicules avant commercialisation. La conformité relève d’abord du constructeur, qui appose une étiquette de certification et fournit certaines informations. La NHTSA intervient ensuite par des contrôles, des demandes d’information et, si nécessaire, des enquêtes. Ce point est central pour comprendre pourquoi l’ouverture d’un audit après le lancement n’est pas une anomalie procédurale mais une composante du régime d’auto-certification.
C’est précisément là que se situe l’interprétation avancée par plusieurs médias. Reuters décrit l’affaire comme un test des limites du droit fédéral de l’auto-certification face à un robotaxi potentiellement non aligné sur des standards pensés pour des véhicules classiques. Axios parle, de son côté, d’un test grandeur nature des règles fédérales actuelles, en soulignant que Tesla soutiendrait que le Cybercab peut être considéré comme conforme sans passer par une demande d’exemption.
Selon Reuters, l’enjeu juridique et industriel est majeur: si Tesla peut rester dans le cadre ordinaire de l’auto-certification, l’entreprise éviterait la voie d’exemption fédérale réservée aux véhicules non conformes à certains standards traditionnels. Reuters ajoute que cette procédure d’exemption est plafonnée à 2 500 véhicules par an, ce qui changerait fortement l’échelle possible de déploiement. Ce raisonnement est attribué à Reuters et à ses interlocuteurs; il ne figure pas, tel quel, dans le communiqué primaire de la NHTSA résumé ici.
Reuters replace aussi le dossier dans un précédent sectoriel, celui de Zoox, qu’il présente comme étant d’abord passé par une auto-certification contestée avant d’obtenir ensuite une exemption fédérale. Cette comparaison suggère que la frontière entre conformité déclarée et besoin d’exemption n’est pas théorique. Elle reste néanmoins une mise en perspective journalistique et réglementaire, non une preuve que Tesla se trouve dans une situation identique.
À Austin, le contexte local ajoute une couche de surveillance sans trancher la question fédérale. Axios Austin rapporte que la ville s’était préparée à l’arrivée du Cybercab, mais avec peu de leviers directs sur son déploiement. Le média indique aussi que Tesla a fourni des guides et des formations aux premiers secours. Selon ce même média, des données municipales recensent 10 incidents ou plaintes impliquant des véhicules autonomes Tesla depuis le début des essais Cybercab en juin 2025, dont plusieurs préoccupations de sécurité et un quasi-accident piéton signalé le 2 septembre 2026.
Ces éléments locaux sont importants pour mesurer la sensibilité politique et opérationnelle du dossier, mais ils ne doivent pas être surinterprétés. D’après les notes, ils documentent des signalements et des préoccupations à Austin; ils n’établissent pas en eux-mêmes qu’un Cybercab enfreint les FMVSS ni qu’il existe déjà une conclusion fédérale de non-conformité.
Un autre point mérite d’être distingué: la NHTSA parle d’un contrôle ciblé après lancement commercial, tandis qu’Axios souligne le paradoxe d’une administration décrite comme favorable aux véhicules autonomes qui ouvre malgré tout ce contrôle. Il ne s’agit pas forcément d’une contradiction. On peut y voir, comme le suggèrent les sources, la coexistence de deux impératifs: encourager l’innovation et faire respecter des règles fédérales qui n’ont pas encore été entièrement adaptées aux véhicules sans volant ni pédales.
Ce que l’on sait donc solidement, à partir des sources primaires et des recoupements disponibles, tient en quelques points: la NHTSA a ouvert une enquête formelle le 4 septembre; elle vise la certification FMVSS du Cybercab après son déploiement à Austin; elle demande à examiner des données techniques, des processus de certification et le raisonnement utilisé pour traiter certaines exigences réglementaires. Ce que l’on ne sait pas encore précisément, dans les notes fournies, c’est la liste complète des normes en cause, le contenu détaillé des informations exigées, et la défense technique de Tesla face à ce contrôle.

